Etre journaliste au Liban représente un credo, un engagement renouvelé au quotidien "
G.Tueni
Tes articles me manquent !
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Etre journaliste au Liban représente un credo, un engagement renouvelé au quotidien "
G.Tueni
Tes articles me manquent !
- Ca m’étrangle. Me fatigue.
- Lève toi. Bouge. Révolte toi ! Sors !
- La révolution n’est qu’un slogan qu’on brandit. Une excuse qu’on utilise. Mais c’est la même chose partout. C’est comme la religion, la démocratie, le communisme, la liberté..
- des mots forts…
- des mots qu’on n’est pas apte d’utiliser…
- Tu sais ? parfois je regarde autour de moi, tous ces jeunes gens que je connais, qui refusent tous, qui veulent changer, chacun a sa façon… qui veulent vivre en paix, ici avec la personne qu’ils aiment, leur famille, dormir dans leur lit…
Qui veulent plus quitter ici, qui veulent toucher plus que 500 dollars, ne pas payer trop d’argent pour l’hébergement, le gaz, le téléphone…
Qui veulent ce marier, un mariage civile…
Qui détestent être les partisans d’un orange ou d’ un jaune ou d’un bleu…
Ces jeunes que tu vois dans les concerts organises par le parti communiste, non pas parce qu’ils sont communistes, mais parce que entre quelques lignes, la révolution a un jour existé…
Même s’ils ne connaissent pas la révolution contre qui ou contre quoi ?
Oui, ces jeunes que je rencontre chaque jour, qui veulent crier, refuser, nier…ils sont ou ?
Pourquoi on-t-il assez peur ?
- Tu as peur toi aussi !
- j’ai toujours eu peur…je sais que je crie : révolution toujours et je me révolte contre les petits trucs qui me gênent...mais bon…j’ai toujours pas le courage de dire : khalas !
- qu’est ce tu espères en ton prochain président ?
- Rien. Tout.
Je ne sais pas si je suis au stade de commémoration , comme la majorité des américains ou bien au celui du souvenir.
En ce 11 septembre, j’aimerais bien laisser parler l’une de mes journalistes preferee, la politologue, la consultante…Nicole Bacharan.
Son livre était le sujet de mon mémoire de traduction.
Elle est simplement stupéfiante ! Allez achetez son livre « faut-il avoir peur de l’amerique ! »
ca vaut le coup. Croyez moi.
En voici quelques extraits concernant le 11 septembre et ses répercussions sur le monde entier :
« Il m’arrive moi aussi de demander si l’amerique n’est pas la plaie du monde. […]
Comme elle irrite, cette amerique ! Comme elle fascine ! […]
Sujet de tous les débats, cible obsédante de toutes les critiques,objet de toutes les envies, elle est jugée responsable des maux de la planète […]
Je me souviens des heures fébriles passées au téléphone a essayer de joindre ma famille, mes amis, a New York, a Washington, tout en allant d’un studio de télévision a un autre pour mettre quelques mots, quelques paroles d’humanité sur les images de l’effondrement des tours qui tournaient en boucle dans les éditions spéciales.
Je me souviens avoir dit, comme dans un brouillard, sur le plateau du 20 hrs de Davi Pujada a France 2 : « ce soir, nous sommes tous des américains » , phrase reprise le lendemain par le journal le monde et que certains m’ont ensuite durement reprochée. Mais oui, nous étions tous américains, c'est-à-dire avec tous ceux qui souffraient ce jour-la. Tous humains.[…]
Tout le monde voulait savoir la vérité de cette Amérique que certains disent devenue folle, ivre de guerre et de puissance [..]
L’Amérique est-elle devenue une société déchirée, éclatée en communautés ? le pays de la peine de mort et de Guantanamo est-il vraiment une démocratie ? avec un président qui parle de croisade et fait publiquement ses prières, la religion est-elle en train de prendre le pouvoir>
Les américains veulent-ils dominer le monde ? […]
Et c’est seulement 50 millions de dollars que vaut la tête de Bin laden !
Seulement !
Je hais “les derniers moments”… les derniers moments avant de quitter le pays pour de bon, les derniers moments avant de mourir, avant de quitter son job, son mari, sa famille, son appartement.
Car tout semble merveilleux. Tout semble positif. Dans l’ordre. Sans toi.
Tu cours contre le temps. Contre la montre. Contre les projets.
Je hais ces derniers moments car peut être je déteste l’industrie du temps, les minutes, les heures, les secondes…
R* quitte pour le pays la semaine prochaine.
A un moment il apprécie tout. Toute la laideur qui rend ce pays si beau. Il se sent responsable de chaque minute qui passe.
Il contemple les gens dans les rues, (les gens qu’il accusait de vivre à mi-temps). C’est vrai, je pensais ce matin, que nous, les libanais, nous ressemblons à quelqu'un parent à un malade. Et ce malade (le pays) est en soin intensif. Et nous attendons. Pourtant nous savons qu’il ne va pas sortir sain et sauf. Mais nous attendons.
Nous vivons comme si la vie était un devoir, un job de 8 à 8h et puis on rentre pour dormir. Et voila, merci Seigneur. Un jour passe sans aucun grave incident. Une bombe par ci, un incendie par là.
Si vous regardez autour de vous en rentrant le soir, ces libanais qui traînent partout, par défaut de vivre. Par manque de vivre. Par négligence.
Le Liban est le pays des opportunités ratées.
Le pays de Carlos Ghosson et de Fath el Islam.
De Hayfa et de Rima Khcheich, Tanya Saleh, Ghada Shbeir
De Radio Melody et Radio Liban
Du chrétien et du musulman
Des églises et des mosquées.
Des enclaves et des villas.
De toutes les contradictions possibles.
Et tu veux le quitter ? Reste…
J’ai décide de rester cet après-midi a Hamra.
J’ai pris mon appareil photo et suis entrée au jardin public de Sanaye3.
Je n’ai pas fait attention aux enfants , aux vieux beyrouthins qui me lançaient des regards bizarres, aux femmes voilées qui font du sport a 3h, aux adolescents qui s’interrogeaient sur ma présence et sur ma camera que j’ai au cou, aux gendarmes qui voulaient juste rentrer chez eux après une longue journée de chaleur…
Non…
Je me suis juste reposée sur banc …
Il y a un an déjà, les familles, les couples, les nouveaux nés, les jeunes adolescents du Sud et de la banlieue avaient le ciel comme abri…ICI.
Éparpillés partout, sous les arbres, sous les toboggans, sur les bancs verts…
Ils étaient la…au même endroit ou j’étais.
Ils ont dormi, mangé, pris leur bain, joué eu peur, prie , pleure…
Je me suis demandée si les arbres de ce jardin se rappellent des rires et des pleurs des enfants…
S’ils ont été témoins de premiers baisers volés derrière leurs troncs..
Des images et des odeurs qui ne sont plus maintenant les mêmes...
Et c’est vrai, nous rassemblons tous à ce jardin.
Des gens entrent dans nos vies quand on ne les attend pas.
Ils les basculent, les changent, les modifient, prennent place, s’expriment et puis quittent… et peut être un jour, oui, un jour ils se rappellent de nous…
Et c’est vrai, nous sommes tous des réfugiés de quelque part , de quelques coins noirs dans nos vies…en recherche toujours , en nomade, d’un endroit stable pour dormir la nuit..
Bonne nuit !
Je n’ai plus envie de rencontrer mes amis « chrétiens », car je sais au préalable les sujets qu’ils vont discuter.
J’en ai vraiment marre.
Je me sens toujours prendre le coté de « l’autre »
Je ne plus supporter leurs préjugés, les idées qu’ils ou leurs parents ont dessiné dans leurs têtes foutues.
Mais vous ne les connaissez pas !!!
Vous n’avez jamais été loin de Nahr El Kaleb, jamais visite le sud , la banlieue, Tayyouneh ..
Pourquoi ? Parce que c’est la ligne de démarcation ? Le feu rouge qu’il ne faut jamais dépasser ?!
Les enfants de mes enfants subiront le même sort que moi, le prestige et le snobisme de la communauté chrétienne.
C fou de pays !on pense en communauté, en clan , en groupe , en religion…mais jamais en pays , en individus indépendants, loin du lavage de cerveau et de la religion politisée.
On vit en communauté, en clan, en religion
A faraya , a zahle , a jounieh , a hamra , a beyrouth , a bir hassan , a ein ebel ….le meme cercle infernal.
Je hais le repli des « uns » sur eux-mêmes, l’amour des « quelques uns » défendre le pays pour une cause, mais quelle cause mon ami ?, les sits in permanents , l’occidentalisme et l’arabisme des autres ?
Ce soir, je me suis rappelée de l’edito que j’ai rédigé avec Claudine pour Agorama en mai dernier.
C’est fou cet amour que j’ai pour un pays assez abattu. Un pays qui ronge ma grosse tête.
Je crois que je deviens folle et pathologiquement malade d’aimer mon liban.
Je n’arrive pas à le haïr.
Sa laideur me plait. Ses gens, ses odeurs, ses embouteillages, ses musiciens, ses écrivains…
Marcher dans les rues de Hamra, rue Bliss, la corniche, la mer, te donne envie de vivre vraiment
Bref , c l’edito un peu modifié:
Le cœur de Beyrouth bat au rythme de sa jeunesse. Ou plutôt de « ses jeunesses », tiraillées entre Orient et Occident, modernité et tradition, mondialisation et préservation de sa culture, naïveté et prise de conscience, joie de vivre et désarroi.
Des « jeunesses » qui enragent, refusent, s’opposent, manifestent, s’engagent et s’enivrent dans les folles soirées de Beyrouth branché.
Des « jeunesses » effrayées et désabusées, lasses de la situation crispée de leur pays qui émigrent à la recherche d’une vie plus confortable et d’un avenir moins incertain.
Mais aussi des « jeunesses » qui tentent de combattre tous les préjugés, de résister aux étiquettes qu’on essaie de leur imposer, de bousculer les clivages dans lesquels on veut les enfermer.
Des « jeunesses » cultivées qui s’affirment ici et ailleurs, prennent la parole ou s’emparent de leur clavier d’ordinateurs…
UNE jeunesse enfin qui rêve encore de changer, de rénover « son » Liban au lieu de le fuir pour d’autres horizons, et de s’émanciper du passé.
A quelle jeunesse j’appartiens ?
Je suis tiraillée entre l’occident et l’orient.
Je refuse toujours et m’enrage pour la moindre cause.
J’ai manifeste un jour, mais je ne me rappelle plus pour quoi
Non je ne veux pas quitter le pays, je chôme ici.
Je suis un peu de tout, mais le plus important est que je fais partie de ces jeunes qui rêvent
encore de C.H.A.N.G.E.R.
"Because the people who are crazy enough to think they can change the world, are the ones who
do."
Jack Kerouac
Ca fait quelques jours maintenant je pense à « l’autre… »
Cet autre libanais qui vit tout près de moi, qui travaille , se réjouit , se révolte, s’emmerde…
L’autre qui met le voile, qui ne boit pas de l’alcool, ne mange pas de viande du porc ou bien l’autre qui croit en l’incarnation !
L’autre, ce nom qu’on étiquette à toute personne qui ne nous ressemble pas !
L’autre, qui, il y a quelques mois maintenant je ne connaissais que vaguement a travers les livres, les versets du Coran et quelques amis de mes amis...
C’est vraiment étrange !
Il y a deux mois, j’ai passé 15 jours avec Maha en Egypte et on a discuté de pleins de choses sur l’Islam, les traditions musulmanes, les versets, le christianisme perçu par l’Islam.
Des infos et des sentiments qu’aucun livre intitulé « l’islam, religions et mode de vie » ou bien « connais-tu l’islam » ou bien « les commandements de l’Islam » ne pouvaient te l’expliquer !
Je pensais aujourd’hui à un jeune homme que je connais. Il étudie a l’université près de chez moi (a jounieh), il vit a Zouk, sort avec une fille de Jeita ( près de Zouk) , prie a Jounieh, achète ses fringues de Kaslik et n’a jamais été à Tayyouneh ou dans la banlieue sud. Il est extrêmement fanatique le mec ! Il me tue !
Le Liban nous offre des richesses immenses que nous ne savons pas saisir.
Plutôt, nous ne voulons pas saisir. J’admets qu’on fait plusieurs efforts,
J’admets qu’il y a énormément de choses que je n’aime ni accepte dans la religion « de l’autre ». Pourtant il y a plrs choses que je n’aime pas dans la mienne aussi.
Je crois que je n’aime même pas l’idée de la religion quand même, mais bon !
Cet « autre » fait la richesse de notre pays !
Allons vers lui ! Connaissons le ! Et enlevons cette étiquette que tout le monde essaie d’imposer ! Il n’est « l’autre », le « musulman », le « sunnite », le « chiite » , le « druze », le « chrétien », l « arménien »….
Il est « libanais » comme moi et toi (même si parfois sa perception d’un meilleur Liban diffère de la tienne)
Vous devez tous l’accrocher sur les murs de votre chambre ou la mettre dans un cadre sur votre bureau.
La photo qui a fait la Une dans le journal Annahar hier était simplement « wow »
Non, mon article n’est pas un cours de sémiologie. Mais bon, j’ai passé toute la journée à contempler cette photo.
Cette photo m’a beaucoup impressionnée. Elle a été distribuée à toutes les agences et les magazines.
C’est l’image de l’armée que je veux voir.
Une armée qui se bat à fond, qui perd ces membres dans les champs de bataille. Une armée qui refuse qu’on irakise le pays et que les islamistes instaurent leur propre Imara au nord.
Une armée fière de son drapeau et de sa patrie.
Bravo Annahar pour l’avoir mis en grand format, sans réplique sans article sans rien…
Bravo Michel Hallak, ta photo est entrée dans l’histoire du Liban, de l’armée, et de la presse.
Qu’est ce que vous attendez donc ?
T : « T’as avec qui ? »
Au début, ça m’a fait rire.
E : ni l’un, ni l’autre !
T : comment ça ? T’es chrétienne, tu dois être « noir » ou bien « blanc ».
E : je t’ai déjà dis, je ne suis ni l’un, ni l’autre et je suis même pas « gris »
T : donc t’es communiste, t’as toujours aime la couleur rouge, les idées de gauche, Che , la révolution….oui , oui , t’es communiste.
Je ne crois pas qu’au Liban, il y a un jeune qui n’appartient pas à un parti
E : ah bon !…
On DOIT l’être, on doit être l’un ou l’autre, aimer celui la et haïr l’autre, obéir a celui la ou suivre l’autre.
On DOIT visiter celui la, répéter ses mots, retenir ses discours et les réciter devant nos proches. On DOIT changer d’avis et d’appartenance politique à chaque fois qu’il change lui.
On DOIT ou bien aimer les Etats-Unis et la France ou bien Iran et la Syrie.
Mais jamais le Liban.
Ou bien aimer le Liban dans la perspective irano-syrienne ou americano-francaise.
On Doit toujours le fuir, le maudire et l’abuser.
On DOIT toujours mépriser l’autre qui ne nous ressemble pas.
Refuser son voile , son Coran , sa croix , sa Bible… car, « durant la guerre civile » il voulait nous exterminer, nous tuer et instaurer son territoire.
On doit Toujours s’entretuer pour « l’arabisme », « la francaisisation » , « l’américanisation », « l’irakisation », « la syrisation », « l’iranisation » du pays mais jamais pour sa « libanité».
On Doit ou bien accrocher les drapeaux oranges, ou rouges ou jaunes ou verts ou blancs ou « phosphoriques » mais jamais le drapeau de Liban ( rouge blanc vert).
On DOIT TOUJOURS ETRE DES MOUTONS DE PANURGE. N’est ce pas ?! ON DOIT…
T : ça ne valait pas la peine de te mettre en colère, c comme ça le jeu. C’est un jeu, on joue, ou bien tu es avec ce groupe ou bien non.
E : oui, c’est sûrement un jeu. « Ils » jouent avec nous.
T : bon bon, maintenant t’es avec qui ?
Cette conversation m’a beaucoup gênée. Comme toutes les conversations de ce style que tu ne peux jamais éviter ici au liban. Dans un meeting de travail, un test, une consultation médicale, un concert...partout…
C’est quoi la vision que je veux avoir de politique au Liban? Des jeunes ? Des partis ? Quelle trajectoire DOIT on instaurer ? Une trajectoire démocratique ?
Et comme disait mon très cher B.B.Ghali : « La démocratie n’est pas un modèle a copier sur certains Etats, mais un objectif a atteindre par tous les peuples »